Ker ar Beleg, une petite exploitation agricole biologique au cœur du pays de Brest se lance dans la transformation laitière à la ferme en adhérant à l’association Bleu, Blanc, Cœur. L’objectif est clairement annoncé : favoriser une consommation de proximité de qualité et permettre de créer un emploi supplémentaire sur l’exploitation.

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La ferme de Ker ar Beleg.

La ferme de Ker ar Beleg est située à TREOUERGAT, petite commune de 300 habitants de la Communauté de Communes de l’Iroise dans le Pays de Brest. Tréouergat est à 15 kms de Brest.

Nous sommes 2 à travailler, Daniel (père) à la production, Kevin (fils) à la transformation.                                                                                                                                                    fiche technique    

  • Surface: 27 hectares
  • Prairie multi-espèce : 23,50 hectares
  • Maïs ensilage : 3.50 ha
  • Production laitière : 211 000 litres
  • Race : Prim’Holstein
  • Nombre de vaches : 32
  • Transformation laitière: Yaourt nature, Yaourts aux fruits, Yaourt brassé.

Pourquoi l’agriculture biologique ?

   La ferme de Ker ar Beleg a été convertie à l’agriculture biologique en août 2000. Daniel(père) n’a pas suivi une formation scolaire agricole mais seulement une formation pour adulte (fort intéressante et indispensable par ailleurs). 

 « On ne se fait pas soi-même, on ne se fait pas une opinion sans l’influence des gens qui nous entourent, de nos lectures, de nos enseignements et de nos recherches » nous fait remarquer Daniel . « Je voudrais vous faire partager ci-après pêle-mêle, les opinions de certains auteurs qui m’ont fortement influencé« :

   Dominique Solner (Ingénieur ESA) Que dire aujourd’hui ?

   En 1979, Dominique Solner écrivait et disait « L’augmentation brutale depuis 1974, du coût de l’énergie et des matières premières, et le caractère durable de cette situation ont obligé l’agriculture à des remises en cause qui s’imposaient déjà mais de manière moins contraignante pour des raisons écologiques.

Les exemples abondent de techniques de culture, de récolte, de conservation ainsi que de techniques d’élevage qui, à cause des gaspillages, voire des pollutions qu’elles entraînent ne répondent plus aux normes d’une agriculture faite pour durer ».

 Dominique Solner nous précisait également : « Une agriculture plus imaginative, c’est une agriculture à valeur ajoutée biologique maximale qui fournira le maximum de produits commercialisables en introduisant le minimum de facteurs de productions tels qu’engrais, carburants, produits phytosanitaires, équipements, aliments importés, et utilisera mieux ses déchets, en évitant par là même les pollutions liées au gaspillage. »

 Claude Aubert –  L’agriculture biologique 1977

« L’agriculture parvient à nourrir les hommes mais à regarder de plus près, on s’aperçoit que deux problèmes majeurs restent à résoudre :

Dans les pays développés, les hommes sont pour la plupart nourris en quantité mais la qualité des aliments est loin d’être satisfaisante

Dans les pays sous-développés le problème quantitatif n’est pas résolu et il le serait difficilement par l’emploi de techniques industrielles coûteuses et même dangereuses pour les sols tropicaux facilement erodables  -les techniques de l’agriculture biologique permettent d’augmenter les rendements sans les graves inconvénients des autres procédés-. »

Prairie à base de Trèfle Blanc

Sources : « les grandes productions végétales » et « La prairie temporaire à base de trèfle blanc » d’André Pochon 

L’agriculture biologique

   La ferme de Ker ar Beleg n’utilise aucun désherbant, aucun engrais, aucun insecticide, aucun fongicide.

     Pour la fertilisation, on se contente des fertilisants de la ferme : un peu de lisier, du fumier que l’on fait vieillir avant de l’épandre et 2 tonnes de Sulfate de Potasse par an en tout et pour tout.

   Nous avons aussi modifié l’assolement et rétabli les rotations sur l’exploitation :

   -La pâture multi-espèces et la tête de rotation pendant 5 à 6 ans

   -Puis suit un maïs sous couvert d’un mélange céréales, puis revient de nouveau la pâture semée au printemps sous couvert d’une avoine ou d’un mélange céréalier.

  Pour les soins aux animaux, l’agriculture biologique (le règlement européen) tolère trois traitements allopathiques (antibiotique, anti-inflammatoire) par animal. Mais sur notre exploitation, on ne les utilise qu’en cas d’urgence, nous préférons l’homéopathie. 

La transformation laitière

Le laboratoire de transformation de Ker ar Beleg et Kevin, le fils.

   Kevin, le fils s’installe avec son père en transformation laitière en juillet 2011 suite à formation initiale et validation d’un BTS ASCE Gestion de l’exploitation au CFA de Pommerit-Jaudy et deux certificats de Spécialisation Production animale bovin à l’institut (IREO) de Lesneven et Transformation de produits fermiers à Pontivy. Une opportunité pour créer un emploi supplémentaire sur l’exploitation vu l’impossibilité de bénéficier de foncier supplémentaire pour augmenter la production. C’est aussi la possibilité de vendre notre production localement auprès des supérettes, hypermarchés et collectivités du pays de Brest.

Bleu-Blanc-Cœur

Logo bleu-blanc-coeur

 

Pourquoi adhérer à Bleu, Blanc, Cœur lorsque l’on est producteur de lait bio et que l’on veut transformer et vendre une partie de sa production ?

 La conversion à l’agriculture biologique a été le résultat d’une prise de conscience : produire autrement sans désherbants, sans insecticides, sans fongicides, sans engrais chimiques et en limitant au maximum l’utilisation d’antibiotique et d’anti-inflammatoire pour éviter de souiller l’environnement où nous travaillons et transmettre l’exploitation agricole aux générations futures dans l’état qu’on l’a reçu. Alors, lorsqu’il a fallu prendre la décision de transformer et de vendre notre production ; l’adhésion à Bleu, Blanc, Cœur nous paraît comme être une suite logique à notre engagement en agriculture biologique. Nous voulons produire un yaourt agréable au goût, de bonne qualité pour la santé et riche en Oméga 3.